jeudi, 12 février 2009

Zurück vom Ring !

Voilà ce qui m'a fait pleurer la dernière fois. Non, ce n'est pas une chanson de Vincent Delerm, ce n'est pas non plus la tétanie dans laquelle a été plongé ma boulangère en découvrant que demain sera vendredi treize.

C'est cette vidéo captée lors de l'enregistrement de la tétralogie de Wagner, en mille-neuf-cent-soixante-quatre, de la toute fin du Crépuscule des dieux, l'immolation de Brünnhilde (il y a évidemment un gros con qui parle mais bon - ne serait-ce la musique, on se croirait presque chez les neuneus de radio classique).

Je connais bien ce passage évidemment, mais je n'avais jamais vu d'images de ces sessions mythiques à plus d'un titre : Georg Solti dirige le Philharmonique de Vienne, la distribution est hallucinante (là, c'est Birgit Nilsson, totalement possédée), c'est la première intégrale de l'histoire de ces quatre opéras réunis en un cycle immense, et les prises sont longues, les scènes entières sans montage, et il y a une vraie recherche pour retrouver le son wagnérien, la spatialisation...

mardi, 10 février 2009

Confiteor Deo omnipotenti

Je ne sais pas si j'ai déjà évoqué dans cette colonne Vincent Delerm.

Je le reconnais, j'ai eu une courte période tisane sur canapé en velours, quand j'étais jeune, quand je montais chez Evie au septième, qu'on parlait de Marguerite Duras en écoutant Vincent Delerm et Carla Bruni*.

Mais depuis, Vincent Delerm, il m'a gonflé (alors que Carla Bruni, je l'aime toujours autant).

Et hier soir, je reconnais devant mes frères, j'étais à la Cigale, je me suis infligé cinq heures de concert de Vincent Delerm. Oui, ça a duré cinq heures ! Les gens hurlaient à la fin, un triomphe.

Pourquoi ? On m'avait dit : tu verras, Vincent Delerm, sur scène, c'est quelque chose, il se moque de lui-même, ah vraiment on passe un bon moment, gnagnagna*.

Mais Vincent Delerm, il ne sait pas jouer du piano, les musiciens étaient passables, le son était nul, et tout est affecté, maniéré, télécommandé, en un mot, facile.

Je voulais finir cette note par : Je crois qu'on ne s'était pas autant ennuyé à Paris depuis le concert d'Yves Duteil à l'Olympia en quatre-vingt-quatre. Mais j'aurais eu l'impression d'écrire comme Vincent Delerm - c'est une impression troublante.

* D'ailleurs, là, j'ai l'impression d'écrire du Vincent Delerm - c'est une impression troublante.

jeudi, 17 juillet 2008

Tu me détestes ? Dis-le que tu me détestes !

Et ben j'ai écouté le nouvel album de Carla Bruni-Sarkozy.

Et je l'ai même trouvé pas mal ! Un peu facile niveau musique et orchestration prétentieuse, un peu maladroit sur les textes, une manière trop travaillée de placer la voix, mais dans l'ensemble assez sympathique. Même si c'est assez drôle qu'elle chante "je t'attends comme on attend la manne, tu es ma came".

On ne sait ce qu'il faut admirer le plus : le patriotisme diffus de l'album puisqu'il s'agit tout de même de chansons d'amour, la récurrence des métaphores et références religieuses, l'influence de Jacques Delors sur l'accent anglais, ou le caractère subversif des textes (on ne parle pas innocemment de blanche colombienne* et du Temps des cerises, si ?).

* J'ai bien écouté, il ne s'agit visiblement pas d'Ingrid.

mardi, 22 avril 2008

Fratello

L'espérance comme torture ultime, et la liberté par la mort par injection. Voilà, en quelques mots, comment l'on pourrait résumer l'oeuvre coup de poing, d'une violence insoutenable, d'autant plus qu'elle est ramassée dans la durée, Le Prisonnier de Luigi Dallapiccola, présentée hier soir au Palais Garnier.

Sortant de cette prison sans issue, je me trouvais confronté au souvenir de ma journée. Chez le notaire, liquidation léthale d'un amour de huit ans, aujourd'hui éteint, réduit à deux colonnes de chiffres que l'on divise par deux.

Quand je serai grand, il y a deux métiers que je voudrai faire ; c'est notaire (un pour cent) ou état (un virgule quinze pour cent).

lundi, 21 avril 2008

Etale tout ton amour sur moi

C'est totalement original en ce moment de passer du Abba sur son ouaiblogue.
Oh ! que je suis original !

Bon, je ne comprends que rarement les paroles des chansons quand elles ne sont ni en français, ni de Joe Dassin ou Yves Duteil.

Et puis de toute façon même quand je comprends je n'arrive pas à répéter. Cette introduction est trop longue, on n'a qu'à la sauter.

Voilà. Je crois que maintenant je peux faire ploup.

lundi, 03 mars 2008

Nouvelle Star 1944

Puisque le génialissime L'Arno a décidé de reprendre le concept de minute Bigard, et bien je vais lui en montrer, moi, du génie.

Mille neuf cent quarante quatre. Il n'y a pas Lio dans le jury, mais Madame Florence Foster Jenkins a beaucoup d'argent et elle aime chanter. Elle se paie Carnegie Hall, un pianiste de seconde zone et un enregistrement d'un coup.

Culte, le disque se vend toujours.

samedi, 23 février 2008

Chéri, à taaaaable !

Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas parlé de musique, de vraie musique.

Et là, au détour d'une vidéo découverte ici, au détour d'une oeuvre étonnante, minimale, je parle à nouveau de musique.

Mais c'est une oeuvre d'art total, chorégrahique autant que rythmique, mais dans une expression stylisée : la musique fait la chorégraphie, la chorégraphie fait la musique.

Et le tout avec rien, selon les jeux subtils et précis, on y voit même une fugue...

Où de trois tables et six mains naissent l'émotion (Musique de table, de Thierry de Mey).

mercredi, 30 janvier 2008

Je vous fais une permanente avec votre pesto ?

On m'a dit : il n'y a pas souvent de la musique dans ta boutique, ce n'est pas bien.

Moi j'en ai marre de me lever toutes les heures pour changer des cédés qui au final sont toujours les mêmes, et moi, toujours la même musique, ça m'exaspère. Ca me fait mal au crâne.

Si j'écoutais ce que j'aime vraiment, il y a un certain nombre de clients qui ne resteraient pas longtemps.

Alors j'essaie la radio. Là, j'ai radio fg*. Génial, quand il n'y a pas de pub, on se croirait dans un salon de coiffure.

*J'ajoute que sur radio fg, ils passent les glaviots de Lorie. Dingue.

vendredi, 25 janvier 2008

Me suis-je finalement jeté dans l'Arno ?

Personne n'a visiblement réagi il y a quelques jours quand je titrais une de mes notes J'irai sur le Ponte Vecchio me jeter dans l'Arno. Le HNC++* nécessaire était visiblement trop plus plus pour être compris de la foule.

Mais je ne veux pas vous laisser comme ça. Giacomo Puccini a composé un tryptique de petits opéras dont le dernier, intitulé Gianni Schicchi (d'après la Divine Comédie de Dante), est une histoire complètement loufoque d'un type qui va mourir après avoir légué tous ses biens à l'église ; Gianni Schicchi, auquel la famille fait appel, remplace le moribond pour dicter un nouveau testament. Et au milieu de ce truc complètement dingue, il y a... (et je me tais, parce que c'est simplement beau et je ne résiste pas à vous rendre cette journée un petit peu plus poétique) :

Puccini, Oh mio babbino caro, Maria Callas, Orchestre national de l'ortf dirigé par Georges Prêtre.

* Haut Niveau Culturel très supérieur

mercredi, 23 janvier 2008

Belle Hermione, hélas ! Puis-je estre heureux sans vous ?

Il y a dans la gestuelle baroque quelque chose de fascinant, une chorégraphie qui ne suit que le texte. Quand plusieurs chanteurs chantent ensemble, ou quand le choeur paraît, c'est l'évidence de chaque geste synchronisé qui surprend, comme la beauté simple du texte de Cadmus et Hermione.

Il y a dans cette tragédie lyrique un jeu avec le silence apprivoisé qui rend les attaques de flûtes qui suivent d'une grande douceur, parce que l'orchestre baroque sait jouer de textures merveilleuses, soyeuses.

Respectons sa présence
Par un profond silence
Escoutons, taisons-nous.

Et le silence se fait, en vrai. Moment de pure magie, juste l'éclairage à la bougie, des couleurs sur scène comme on n'en a vues depuis des siècles, comme une photo ancienne, mais animée et chantante.

Cadmus et Hermione, de Jean-Baptiste Lully, Le Poème Harmonique / Vincent Dumestre*, mise en scène Benjamin Lazar. Opéra-Comique, le vingt-et-un janvier. Jusqu'au vingt-sept.

* J'ai failli travailler avec lui, j'ai passé deux entretiens mais je n'ai pas été retenu comme chargé de production ; je crois que c'est ma plus grande déception professionnelle, de celles dont on est convaincu que sa vie aurait été autre.

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