mardi, 15 janvier 2008

Institut de beauté gastronomique

Je replace le contexte, si vous le voulez bien* : ma boutique a une porte d'entrée** et de chaque côté de cette porte, une vitrine. Dans la première : des pâtes artisanales, des spaghetti, des pâtes au piment etc. Dans la seconde : de l'huile d'olive au piment, à l'ail, au laurier etc.

La cliente, après être entrée, regarde un peu le magasin

Vous ne faites pas de produits cosmétiques ?

* Je ne vois pas pourquoi je dis "si vous le voulez bien", étant donné qu'en dépit de l'image d'interactivité procurée par les ouaiblogs, il vous est impossible de me signaler que vous ne le voulez pas et que cela puisse interragir sur ce que je suis en train d'écrire, si d'aventures vous ne le vouliez pas (et je doute fort que vous l'exprimiez dans ce cas - il est vrai que j'ai une confiance peut être exagérée dans votre bonne éducation). Et puis vous ne seriez pas venus tout simplement.
** Si, si, je vous assure.

mardi, 08 janvier 2008

Le courrier des consommateurs*

Un mystérieux client** m'écrit aujourd'hui, pour me remercier. Je sens dans son courrier une reconnaissance infinie, parce que mon Panettone, c'est une tuerie, parce que mon vinaigre balsamique, ça te transforme la moindre salade de restes en une fête gustative.

Et aussi, c'est confirmé, parce que mon pesto frais, en plus d'être le meilleur du monde, est un philtre d'amour aux propriétés magiques et reconnues.

Ceci dit, je tiens à m'excuser d'avance si, quand vous venez un jour dans ma boutique, en dépit de ma douceur en caisse, je dois décrocher le téléphone pour insulter des gens de France Télécom. Non, ce n'est pas un syndrôme Gilles de la Tournette, mais bien l'exaspération du type harcelé constamment par des commerciaux du Sénégal***. C'est violent, mais ils ne rappellent plus au moins pendant trois jours.

* Ou comment se faire en douce une petite séance d'autosatisfaction, et à l'oeil en plus.
** Celui avec un pull recouvert de rayures à chier.
*** Ce n'est pas parce qu'ils viennent du Sénégal que je suis violent, c'est parce qu'ils portent tous le même nom ridicule.

mardi, 18 septembre 2007

Ce soir nous irons danser sans chemise sans pantalon

Le commercial, avant de partir, après avoir parlé de sacs en papier

Ah, et aussi, j'aime beaucoup votre chemise ! Moi j'ai mis celle-là, c'était la dernière que j'avais de repassée, je crois que je suis daltonien pour m'habiller*. J'essaie de demander à ma copine de repasser mais elle ne veut pas ; avant c'était ma grand-mère qui me les repassait, ça lui faisait plaisir, mais maintenant elle est en maison de retraite, je me vois mal lui amener mes chemises ! Et vous, vous les repassez tous les jours avant de les mettre vos chemises ?

Votre serviteur

Non, dès qu'elles sont sèches, je les repasse ; je les repasse toutes d'un coup c'est plus rapide.

Le commercial

Ah, oui, c'est pratique, ça, mais ma copine ne veut pas. Mais j'aime vraiment votre chemise. Je sais pas quand je pourrais porter ça, peut être le week end...

Je ne sais évidemment pas comment je dois prendre ça.

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* Chemise violet foncé, verte noire en velours côtelé, jeans bleu classique et chaussures de cuir noir - pas seulement daltonien, donc.

vendredi, 16 février 2007

Du haut de ces pyramides...

Vingt minutes de travail vous contemplent.

Puisque je prends des cours de merchandising appliqué en ce moment, pourquoi ne pas en faire profiter directement ma boutique et mes bons clients ? Voilà, près de la gare Saint-Lazare, on sait ce que c'est, un beau stand, une belle présentation. Et on me l'a dit, répété, en me faisant avec les mains un geste en triangle : il faut faire des pyramides, ici on aime les pyramides, ah, que les pyramides c'est beau, ah, que ça parle à la clientèle, les pyramides, les petits produits à l'extérieur, les grands au milieu, voilà, c'est ça, une pyramide.

Ni une ni deux, revenu dans ma boutique, je me mets en tête de faire une pyramide de rigatoni aux olives dans ma vitrine. Finalement, je préfère changer en cours de réalisation la forme de la pyramide, et je sélectionne le projet tour de la défense de Pise. Joli, je me dis, ça pète bien, les pâtes vertes, le grand satin rouge.

Et puis c'est derrière la porte, ça risque rien, ça va pas tomber. Sauf que le premier gamin qui rentre il s'est dit que ça serait rigolo de se jeter sur ma tour de la défense de Pise de pâtes. Et ce con il m'a tout foutu par terre. Je hais les enfants. Et le merchandising.

vendredi, 09 février 2007

La vérité ne sort pas de la bouche des clients*

Une cliente

Ca fait combien de temps que vous êtes là ?

Votre serviteur

Neuf mois madame.

La cliente

Et ça marche bien ? Ca intéresse des gens dans le quartier ? Vous allez tenir et rester ouvert ?

Votre serviteur

...

* enfin, j'espère.

samedi, 27 janvier 2007

vaporeuses anxyogènes*

Semaine difficile. Plein de rendez-vous, ce qui m'a poussé à réduire légèrement mes horaires d'ouverture (de la boutique, n'allez pas vous imaginer des choses).

Le passage est difficile. Traditionnellement, je suis un petit commerçant (depuis 2006, oui madame) qui vend de la gastronomie italienne authentique à des clients plus ou moins mystère.

Et là, pour un mois, je vais diriger cinq autres boutiques éphémères dans Paris et région parisienne, avec gestion du personnel (à trouver) et relations avec les lieux qui m'accueillent.

Ben la nuit je me réveille angoissé en me disant que le code barre du Limoncello n'est pas eantreize et que ça va poser du problème tout ça.

Je me demande en fait si je ne préfèrais pas travailler sous les ordres (enfin si on peut appeler ça des ordres) d'une incompétente elle aussi cent pour cent authentique. Au moins, les angoisses, la nuit, c'était de sélectionner un surnom : alors, purin ou vieille pute ?

Vivement le printemps.

* ouais, bon, c'est lapin blanc qui a dit que mes titres étaient poétiques, je peux y croire et en remettre une couche, non ?

jeudi, 12 octobre 2006

stop

J'ai donc arrêté de compter mes clients de la journée (en vous épargnant une laborieuse liste de courses digne du samedi après-midi des familles nombreuses de banlieue).

J'ai aussi (mais ça, c'est pour mon amour-propre) arrêté de compter les gens qui, passant devant ma boutique, regardant ma vitrine, disent tout haut regarde c'est un magasin de nouilles.