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lundi, 29 mars 2010

Moi aussi je suis Herbert Crump

Il m'est arrivé récemment une expérience déroutante.

A la lecture de Le Destin de Mr Crump, de Ludwig Lewisohn, j'ai reconnu avec précision des événements, des relations, des situations, que j'ai vécues pendant huit ans. Ce livre raconte, toutes proportions gardées, une partie de mon histoire.

Et c'est stupéfiant de voir écrit noir sur blanc, dans un roman, ce qui n'est pas racontable, la perversion narcissique.

"Dans tout conflit où l'adversaire aurait les sentiments naturels des humains, Anne aurait infailliblement le dessus parce qu'elle dépassait les limites du naturel et de l'humain, et qu'elle plongeait, entraînant les autres, dans un chaos moral inexploré où la pensée était inexistante et l'action paralysée. Pour pouvoir continuer à vivre dans un monde où elle était, il fallait employer les mêmes armes qu'elle : l'hypocrisie et la perfidie".

"Il regardait Anne. (...) les yeux avaient leur regard pétrifié : cette détermination à faire prévaloir sa volonté,  ses désirs, et à être victorieuse - une détermination concentrée, furieuse, glacée : elle ignorait l'hésitation, le scrupule, le mouvement d'horreur, la pitié ; elle n'avait jamais reculé devant rien, ne reculerait jamais. La froide duplicité avec laquelle elle avait eu recours à des détectives jetait sur tout le passé une lumière d'évidence. Elle avait allégué sa nature impulsive. Elle avait dit qu'à cause de son tempérament poétique, elle était toujours restée une enfant. Tromperies que tout cela, aussi viles que les mille et un mensonges (...)"

" Il admit que c'était inconcevable, mais que c'était précisément le talent d'Anne de réaliser l'inconcevable, d'en faire une vérité objective et de lui donner la solidité de l'airain".

" - (...) Karl, on peut conquérir talent et renommée, gagner de l'argent, et être cependant dans le plus affreux dénuement.
L'aveugle secoua la tête, l'air affligé :
- Vous n'avez que trente-cinq ans, Herbert.
- C'est vrai, répondit Herbert, de meilleurs jours peuvent encore arriver...
"

"Il prit le train au lever du jour. Comme lors de ce voyage du passé (...), il ressentit, mais ce jour-là de façon plus consciente et plus prégnante, combien son départ s'apparentait à la guérison d'une sale maladie qui vous paralyse, comme quand on sort d'un monde de noirceur, de puanteur et de pourriture pour revoir le soleil bienfaisant qui réchauffe la terre bonne et pure".

Voilà, on peut donc dire que tout était écrit !

Commentaires

C'est dingue, il m'est arrivé exactement la même chose en lisant l'almanach du marin breton (surtout les instructions nautiques pour arriver en rade de Brest)

Écrit par : Bruno | lundi, 29 mars 2010

Ah bon?!? Tu crois à nouveau au bonheur?

Écrit par : Le gnôme | mardi, 30 mars 2010

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